:::: MENU ::::

DjasConnecT

Le blog des nouvelles technologies au Tchad. TIC, Tech and Tchad

Entretien: Nooba Martial du Tchad,le jeune informaticien-Rappeur se confie

Portrait

Entretien: Nooba Martial du Tchad,le jeune informaticien-Rappeur se confie

Tchad_Informaticien_Nooba_Martial

Aujourd’hui, nous sommes allés à la rencontre de Nooba Martial.
Ce jeune informaticien-Rappeur  en poste à N’Djamena a accepté de nous parler de son quotidien, ses occupations et ses projets.

Entre sa passion pour le Rap, son boulot d’informaticien et son diagnostique du domaine des nouvelles technologies au Tchad, il s’est livré sans détour.

Entretien.


Djasconnect 
: Bonjour M. Martial. Merci d’avoir bien voulu accorder un entretien à djasconnect.com, le blog dédié aux nouvelles technologies au Tchad.Pouvez-vous-vous présenter aux lecteurs de
djasconnect.com ?

 Bonjour, à l’état civil je m’appelle NOUBADOUMNGUE GUIRBAYE Martial.

(voir son profil Facebook)

Titulaire d’une licence en Informatique, option réseaux et Telecom à l’Université Cerco au Benin obtenu en 2014, je travaille aujourd’hui comme informaticien chez AFRIJEUX, une entreprise spécialisée dans les Jeux et paris sportifs.

Parallèlement, Je  suis aussi artiste rappeur et membre du groupe Yaaba (Voir la Page Facebook oficielle de Yaaba).

Mes amis me connaissent sous le nom de Nooba Martial, qui est aussi mon nom de scène

 

Djasconnect : Informaticien à Afrijeux, Parlez-nous un peu de vos activités sur le terrain.

Avec mes  deux(2) collègues informaticiens, nous assurons le déploiement des solutions informatiques et la maintenance des équipements à la  direction générale ainsi que  dans les différents centres de jeux reparties dans la ville de  Ndjamena.

Nous collectons et  insérons dans le serveur  les données journalières des villes dans lesquelles se trouvent  également les agences de l’entreprise.

 

Djasconnect : Etant informaticien, vous êtes aussi un jeune rappeur. Pouvez-vous nous parler de vos activités et de vos réalisations dans la musique ?

Je précise ici que je fais partie d’un groupe de rap dénommé Yaaba et composé de deux personnes, Mathurin (lead vocal) et moi (parolier).

Nous avons commencé en 2009 sous l’influence du groupe Tchado-burkinabé, Yeleen. Nous n’avions pas pu enregistrer un seul titre quand les études ont décidé de nous séparer. Mais après 4 ans, nous nous sommes retrouvés, ce qui nous a permis de signer un contrat chez Mayas Prod.

 

 Là, nous avons enregistré un album de 13 titres qui est actuellement en phase d’arrangement. Mais personnellement il arrive que je fasse de feat avec d’autres artistes…

 

 

Au Studio avec le groupe Yaaba

Au Studio avec le groupe Yaaba

Djasconnect : Comment arrivez-vous à concilier votre boulot d’informaticien avec vos activités musicales ?

  Difficile de vivre les deux à la fois mais pour moi ce sont deux fils que je ne peux pas abandonnées (rire).

Enfin, c’est une question de volonté car j’ai vraiment été patient dans mon combat et c’est ce que je continu à faire car dès le début j’ai su que le bout du chemin est très loin, surtout quand on sait que d’où l’on vient rien n’est facile, donc faudrait plier les manches, ce que je n’ai pas hésité à faire.

 

Aujourd’hui y’a un sérieux problème de temps qui se pose mais je fais de mon mieux pour que les deux connaissent chacun où se situe sa limite de l’autre.

 

Djasconnect : Quelles sont les difficultés que vous aviez dû affronter quand vous étiez rentré de vos études au Benin ?

 

 J’ignore le chiffre exacte mais je sais qu’environ 85% des étudiants tchadiens ont du mal à embrasser le monde professionnel après l’obtention de leurs diplômes car ça devient de plus en plus un deal ou il faut être connu pour être accepté, je fais partie de ce lot.

Je n’ai  jamais cessé de frapper même si ici personne n’ouvre aux premiers coups , mais savoir insister est important. J’ai fait beaucoup de stages et par la grâce du ciel j’ai décroché ce premier emploi.

 

Djasconnect : D’après vous, qu’est ce qui manque au Tchad pour un décollage dans le domaine des nouvelles technologies ?

 

Depuis plus de dix(10) ans, je remarque que beaucoup de jeunes tchadiens ont une ferme volonté de faire carrière dans les nouvelles technologies. On sent tout de suite une passion dans l’art d’affronter les obstacles que cache ce domaine.

 

Malheureusement, l’Etat ne fait pas assez ou du moins les personnes en charges des TICs ne donnent pas la chance à la jeunesse qui peut sans doute faire mieux. Aussi nous demandons à l’Etat d’investir autant que possible dans les nouvelles technologies car en celles-ci se trouve l’une des clés sûres d’un Tchad aussi grand qu’on le souhaite.

 

Lire aussi:


Djasconnect : Même question pour le domaine de la musique

Au Tchad, le talent ne manque pas sauf qu’il y’a une absence de détermination dans ce qu’on fait. Notre musique prend de plus en plus la route qui lui est destinée parlant des artistes tels que Mawndoé ou Caleb du groupe  H’sao qui, tout en côtoyant d’autres styles, ne ménagent aucun effort afin d’exporter nos cultures a l’image des Nigérians qui ont fini par gagner presque toute l’Afrique….

 

Et si on doit parler du rap, je crois que les jeunes se battent vraiment bien sauf qu’il y’a un réel problème de promotion.

 

Aussi, notons qu’au Tchad nous consommons rarement du local, cela retarde énormément les artistes dans leurs carrières. Je trouve qu’il n’y a aussi pas assez de promoteurs tout comme les arrangeurs et les réalisateurs (qui manquent de matériels et de formations), raison pour laquelle nous n’arrivons pas à convaincre l’international.

Du coup, on se sent obligé d’aller au-delà de nos frontières pour réaliser des sons de qualité, ce que tout le monde n’a pas la capacité de faire. La musique c’est le talent mais elle exige une profonde volonté car si les conditions ne sont pas réunies le chemin sera très long.

Tchad_Informaticien_Nooba_Martial2
Djasconnect : Quels sont vos projets à court et long terme en tant que rappeur et en tant qu’informaticien.

 

En tant que rappeur, j’essaie toujours d’être à l’écoute de mon cœur et ceux des mélomanes. Nous(le groupe Yaaba) essayons, d’être à l’écoute du public en lui proposant à tout moment nos variations dans le rap, ceci dit vous remarquerez bientôt que nous lancerons une série de singles avec des styles différents mais la base reste le rap….

 

Nos projets à long terme reposent sur cet album qui me tient à cœur puisque là nous essayons de mettre un peu plus d’accents sur le fond bien que la forme y trouvera aussi sa part car nous travaillons énormément malgré le manque de temps et de moyen….

 

Quant à l’informatique, il  a su gagner une place dans mon cœur, actuellement je me contente de mon emploi mais avec le temps je me vois beaucoup plus employeur qu’employé dans ce domaine, je préfère me taire sur ce projet pour le moment. (Rire)

Merci de votre disponibilité  M.Martial.

Djas

Partages cet article sur les réseaux sociaux

The following two tabs change content below.

Djas

Développeur d'Applications Reparties...c'est l'intitulé de ma formation à l'Université de Reims Champagne Ardenne qui le dit. A part parler avec son pc comme un malade, je tape aussi dans un ballon. Et je suis plutot bon joueur.

Faites connaitre votre avis, laissez un commentaire....